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 J.Soejima -

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MessageSujet: J.Soejima -    Sam 17 Mar - 20:48


      ▬ NOM : Soejima.
      ▬ PRÉNOMS : Jun.
      ▬ SEXE : Féminin.
      ▬ AGE &  DATE DE NAISSANCE : 17 ans. 19 novembre 1994.
      ▬ NATIONALITÉ : Japonaise.
      ▬ ORIENTATION SEXUELLE : -



STEP I : Description physique

Devrait-elle se réjouir d'être japonaise pour excuser son manque de forme et sa petite taille ou devrait-elle haïr son peuple de l'avoir faite comme telle ? Jun n'en a pas la moindre idée. A dire vrai, ce n'est pas elle qui penserait ainsi mais les personnes l'observant peut-être, puisque la demoiselle n'aimerait ni être grande, ni avoir une forte poitrine ou des hanches de femme fertile. Aussi fine qu'une baguette, un grain de riz serait presque lourd à porter pour ses maigres bras. Bien sur, il ne s'agit là que d'une image pour décrire cet aspect fluet qui la caractérise si bien, car ses maigres bras cachent des capacités qu'on ne leur estime pas ! Malgré tout, Jun n'est pas petite, elle est véritablement minuscule. Elle passerait vite inaperçu si elle n'avait pas un style si particulier qui lui va pourtant à merveille. La jeune nippone n'a jamais eu la capacité de s'estimer jolie, c'est pourquoi se transformer en poupée – Attention ! Ne vous méprenez pas, « poupée » ne veut pas supposer « poupée de porcelaine aux jolies robes » - chaque matin n'est pas un acte pour souligner sa joliesse mais plutôt se transformer en une chose qu'elle apprécie. En effet, Jun passe beaucoup de temps à accorder ses vêtements, à changer de couleur de cheveux, à vendre ses vêtements pour en acheter d'autres et renouveler sans cesse sa garde-robe. Il n'est pas rare que la demoiselle porte d'ailleurs ses propres créations, agacée de voir toujours le même genre de vêtements dans les vitrines devant lesquelles elle passe.
Mais le physique ne se limite pas aux vêtements. Jun, sous ses multiples couches, est une fille quelconque. Haute comme trois pommes, pas très large non plus, elle donne une impression de fragilité, chose qu'elle n'aime pas vraiment. La nippone déteste se faire marcher sur les pieds sans que cela ne fasse d'elle une fille méchante ou violente. Ses bras et ses jambes sont fines, elle est particulièrement souple ; souplesse due à plusieurs années de gymnastique. Elle éprouve une répugnance sans nom pour la moindre marque de pilosité sur son propre corps, faisant de celui-ci un terrain parfaitement lisse n'ayant d’imperfections que celles logiques pour une humaine. Seules ses jambes gardent quelques marques d'une enfance à grimper dans les arbres, à découvrir le monde, quelques petites cicatrices ne sautant absolument pas aux yeux. Ses hanches sont fines, on perçoit facilement ses côtes sans pour autant qu'on en soit choqués.
Au bas de son dos se trouve un tatouage destiné à briser cet aspect «  petite fille fluette et fragile ». Il s'agit d'un lapin blanc aux yeux roses qu'elle dit avoir dessiné elle-même – bien qu'elle parle rarement de cette marque puisqu'elle est rarement visible aux yeux du monde.

Ensuite, et pour conclure – car les présentations de physiques, hein... - il est sans doute nécessaire de décrire son visage. Jun, si elle était de ce genre, pourrait se vanter de ses lèvres particulièrement pulpeuses et roses naturellement, car il s'agit là de son atout le plus féminin – triste d'en venir à de pareilles constatations. Elles sont mises en valeur par un piercing au labret gauche. Elle change par ailleurs régulièrement le bijoux. Ses yeux en amandes, elle les tient de ses origines, bien sur, rien d'extraordinaire. Elle les souligne d'un maquillage léger. L'inconvénient étant à son avis, qu'elle ait aussi hérité d'un nez très nippon, un peu « écrasé » sans que cela ne choque, contrairement à son avis. Jun reste une fille, complexant pour complexer. Elle aime s'occuper de son corps bien que cela ne fasse pas d'elle «  une fille saine de corps et d'esprit » . Après tout, malgré ses tenues extravagantes et ses cheveux changeant tous les mois de couleur, Jun reste une adolescente pareille à n'importe quelle fille qu'on peut croiser en rue. Elle n'en est pas moins jolie et intéressante pour autant.



STEP II : Description  psychologique

Je déteste les clichés. Malheureusement, je suis née dans un pays où ceux-ci sont particulièrement développés. Regardez autour de vous, tout n'est que réplique de vieux drama, de mangas... Tout n'est qu'adulation pour les figures passant à la télé. On est tellement condamnés à avaler des tonnes de savoir en cours, qu'en rentrant, après avoir tué son temps à bosser davantage, on ne peut que s'abrutir devant des émissions qui n'en valent pas la peine. On se lève tous à la même heure, on est passés maître dans l'art de se préparer vite et bien, pour ne pas trop dormir sur le bureau une fois en cours. On s'habille en uniformes, on s'habillera toujours de manière uniforme, puisqu'après ce sera notre employeur qui nous demandera le costume-cravate. Cliché. Alors on est jeune et on explose pendant nos rares temps libres. Cliché. On invente des styles tellement différents pour montrer notre identité. Cliché. On est soit dans de riches écoles, soit dans des lycées de mauvaise réputation. Cliché. On finit par mourir très vieux ou se suicider à 30 ans – Trop de pression ! - . Cliché.

Je hais les clichés. Mais cela ne m'empêche pas d'en faire partie. Ça ne m’empêche pas d'avoir une histoire banale de japonaise moyenne qui suit le troupeau, qui a des parents trop sévères, et qui se révolte. Pas énormément. Juste un peu. Juste assez pour être décrétée marginale et être mise au banc de la société. Mais ça aussi c'est un cliché. Tellement de personnes comme moi qui suivent la même trajectoire, qui finissent par buter et qu'on envoie dans un pensionnat parce qu'elles salissent l'image de la famille... cliché.

J'avais jamais entendu parler de ce pensionnat avant. Je ne suis pas une fille qui m'intéresse à ce genre de chose. Je m'invente une culture générale sur internet, comme tout le monde, je découvre l'autre côté de ma planète sans même savoir le nom de la ville à côté de la mienne. Je m'abrutis devant des séries débiles alors qu'il y a tant de films de qualité à voir. Je joue de la gratte parce que c'est classe et même pas par conviction. J'ai des goûts éclectiques en musique, je connais plein de noms de groupe et je connais à peine une chanson de chacun. Je fume parce que ça soulage mon esprit d'adolescente déprimée. Je suis une japonaise moyenne, je ne rêve pas de grandes université, j'ai l'impression que la vie c'est de la merde, parce qu'il y a des petits africains qui meurent de faim, et y a des attentats, et le monde est pourri... Je crache sur lui sans même m'informer à fond. Je m'intéresse sans m'impliquer.

Évidemment, comme beaucoup de jeunes de ma génération, je suis blasée de tout, plus rien ne m'étonne. Plus rien ne me choque. Tout glisse sur moi sans m'atteindre. Puis un jour, une rupture va me briser, et comme beaucoup de jeunes de ma génération, je déprimerai deux semaines puis je sortirai avec quelqu'un d'autre, ou alors je ferai ma pseudo-déprimée, mais c'est pas à 17 ans qu'on rencontre l'amour de sa vie.
Je suis peut-être un peu désillusionnée, mais n'est-ce pas le du de beaucoup de gens ? Pour peine qu'on prenne le temps de penser. Je pense trop, c'est mon défaut. J'ai beaucoup de défauts et peu de qualité, comme tout le monde, mais mes qualités sont telles qu'on m'apprécie quand même. Ou qu'on est hypocrite avec moi parce que c'est trop stylé d'être pote avec une fille aux cheveux décolorés. Ou alors on me fuit comme la peste parce qu'on est trop guindé.

Niveau sexualité, chez les filles de mon âge, il existe deux catégories dans l'esprit des gens. L'aspect gentille petite demoiselle qui travaille sérieusement, ne sait soi-disant pas ce que veut dire « pénis », et rêve de bisous doux et de relations roses bonbon. Mais à côté de cela, il y a les dévergondées, celles qui laissent penser qu'elles ouvriraient les cuisses devant le moindre mâle. C'est peut-être dans cette catégorie que je me trouve. Je laisse les rumeurs courir mais – et il est toujours cocasse de parler de ce genre de sujet tabou – je n'ai jamais été au bout des choses. J'ai beau douter de moi, me sous-estimer sans cesse, j'ai une fierté, je ne fais les choses que lorsque je l'ai décidé, je ne laisserai jamais personne décider pour moi ce genre d'événements.

Comme beaucoup d'adolescents, j'aime me proclamer différente, me plaindre sur un blog dont personne ne connaît l'adresse. J'aime avoir l'impression d'être unique, j'essaye de l'être mais ces vaines tentatives ne font que me rapprocher de la normalité puisque tous les ado passent par cette période ridicule. J'essaye d'être clairvoyante, j'essaye de me remettre en question, j'essaye de montrer que je suis plus « que ça ». Mais je me bats pour rien puisque j'ignore qui je veux impressionner à part moi-même.
Si j'étais aussi indifférente que j'en ai l'air parfois, je ne passerai pas certaines soirées à ruminer, à tenter de dessiner, de m'épanouir dans des arts que je ne maîtrise pas. Si j'étais aussi neutre que je le laisse penser, je ne serais pas aussi obsédée par les vêtements que je porte. J'aime plaire, j'ai peur des critiques, et pourtant j'en bouffe à longueur de journée. Quitte à savoir si c'est du masochisme.

Mise à part ça, j'ai ce besoin matériel, de dépenser sans cesse, de consommer. Je suis la poupée des publicités, je suis aussi crédule qu'un gosse de trois ans, j'avale tout ce qu'on me propose. Comme je ne m'accepte pas en tant que telle, je crée une poupée qui puisse être tout ce que je ne suis pas. Je me déguise tous les jours pour fuir ma propre vérité en plaisant à ceux qui se disent marginaux. Je fais les choses pour faire plaisir, puisque je ne parviens jamais à me plaire moi-même.

Je pourrai m'étendre des heures à dire ce que je ne suis pas, mais ce que je suis est tellement compliqué à définir. Peut-être que je ne suis pas grand chose au final, et que ma vie se tisse autour du fait que je me bats pour survivre, pour être quelqu'un même si ce quelqu'un ne me correspond pas. Ce ne sont pas les propos d'une dépressive, et si je suis peut-être trop fataliste, j'aime me juger juste réaliste. Le fait est juste que cette réalité n'est pas toujours facile à supporter...


STEP III : Histoire

Un gars de corpulence moyenne tombe du ciel et s'écrase au sol dans un bruit sourd. Il se redresse, indemne. Il est maintenant debout sur une route qui vient tout droit de l'horizon. Mais cet horizon se rapproche, les arbres disparaissent, les prés qui entourent la route aussi. L'homme pris de panique se met à courir comme un fou pour ne pas être rattrapé par cet étrange phénomène. Il ne court pas bien puisque dirigé par la peur, il trébuche, bute parfois. La route descend, est de plus en plus en pente, il tombe et dans une succession de roulé-boulés, il débouche finalement sur une autre route qui borde une falaise. Il manque de se faire renverser par une voiture, n'a pas le temps de s'arrêter, tombe du bord de la falaise et se raccroche de justesse à la barrière de sécurité, bordant le précipice. Son souffle se coupe, il pousse de petits gémissements apeurés. Sous lui se trouve la mer déchaînée malgré le ciel bleu et le soleil brûlant qui trône dans le ciel. Les vagues n'ont qu'une envie : l'avaler. La barrière est rouillée par le temps, elle cède, l'homme tombe... Du ciel et s'écrase au sol dans un bruit sourd, indemne, amnésique et près à recommencer sa course folle puisque c'est le paysage du début qui l'accueille.

J'entrouvre les yeux dans un gémissement à l'entente du réveil qui se met à sonner. Je l'arrête d'un geste las et me redresse en passant ma main sur mon visage. L'art de faire des rêves totalement inutiles. Je devrais les écrire, en faire un recueil de nouvelles, les publier, je ne sais pas, moi... Je ramène mes cheveux en arrière et sors mes jambes de sous la couette, enfilant mes pantoufles avec lassitude pour me lever et rejoindre presque immédiatement le w-c pour mon pipi matinal...

C'est la vie d'une adolescente banale dont les étapes sont quelconques. C'est une vie qui est sans rebondissement extrême, sans surprise époustouflante...Rien qui ne puisse vous tenir en haleine de quelque manière que ce soit.

Dans le bus pour accéder à mon école, je somnole à moitié, repensant à ce rêve parce que je ne peux penser à rien d'autre à une heure si matinale. Je n'ai plus l'habitude d'être sérieuse, d'aller en classe régulièrement. Je suis peut-être un peu rebelle, je ne suis pas très acceptée dans une société telle que celle du Japon. Mais je veux faire plaisir à cette mère qui m'en a toujours trop demandé pour mes maigres capacités. On s'est beaucoup trop disputées, alors j'essaye de faire un effort. On est mercredi, depuis lundi je n'ai séché aucun cours. Je ne suis pas forcément fière, je suis juste un peu plus tranquille une fois rentrée chez moi. Je regarde la route défiler d'un œil morne. Je suis comme cet homme qui court, je fuis une chose imaginaire, ce qui me fera toujours retomber au point de départ.

Mon père ? Mon père, je ne vis plus avec. A mes cinq ans, ma mère m'a annoncé son décès. Je ne me souviens pas de l'enterrement, de toute façon elle a toujours laissé penser qu'il avait été incinéré. Mais j'ai appris, il y a deux ans, que mon père n'était jamais mort. Non, ce n'est pas une histoire de divorce. Monsieur Soejima est actuellement dans un asile psychiatrique. J'ignore si cela a de l'importance, vraiment, mais cela expliquerait l'obsession qu'a ma mère d'essayer de nous faire devenir des adultes respectables, moi, mon frère et ma sœur. Elle a plutôt réussi avec les deux tiers de la famille dont je ne fais, bien sur, pas partie. Je ne pense pas être folle pour autant, sauf si être folle signifie être morne, laisser traîner mes affaires par terre dans ma chambre, sécher les cours ou aimer « faire la fête ». Ce n'est pas parce que je suis amie avec Marie-Jeanne que je suis une droguée prête à devenir schizophrène. Quant à l'incidence qu'aurait l'éventuelle folie de mon père sur moi, je ne pense pas qu'il y en ait. Le fait d'apprendre qu'il était toujours en vie dans sa petite cellule blanche ne m'a pas perturbée plus que ça. Au contraire, ça m'a donné l'espoir que ma mère n'ait pas toujours été aussi carrée et droite qu'elle ne l'est aujourd'hui.

Je descends du bus un arrêt après celui en face de l'école puisque je l'ai encore manqué, à trop penser. Ce n'est pas grave, j'aime bien marcher. J'arrive en retard, la prof me fait une remarque sur mon chemisier froissé et ma jupe mal mise. Je lui réponds par un simple bonjour et vais m'installer. Hello la journée de merde. Avant, ça m'arrivait encore de répliquer aux profs. J'ai souvent fini dans le bureau du directeur. Je me suis souvent disputée avec lui aussi. Il prétend à chaque fois que c'est la dernière fois, que la prochaine fois je serais virée. Mais j'ai beau avoir des retenues, je pense qu'il a fini par avoir un peu d'affection pour moi. Il ne m'a jamais mise dehors. Peut-être a-t-il pitié de moi et de mes cheveux qui changent de couleur tous les mois. Je griffonne sur mon cahier, j'ai beau être là de corps, je ne le suis pas d'esprit. J'adore dessiner, j'adore peindre, même si je n'ai aucun talent. Les gens ne parviennent même pas à mentir quand ils voient ce que je fais. Pour eux c'est tellement abstrait qu'on ne peut pas en dire grand chose, ce n'est ni beau ni laid, c'est juste un amas de couleurs difformes. Je ne peins pas pour faire plaisir, juste pour me soulager. Je ne suis donc pas une vraie artiste. J'ai commencé la gratte à 13 ans, je m'en sors, mais ça reste des morceaux « plats, sans âme », je ne pourrai jamais faire partie d'un groupe, je n'en ai pas l'envie. J'écris dans un cahier, et ça, seul Ryo a le droit de lire.

Ryo c'est celui qui s'installe face à moi quand c'est le temps de midi. Il me lance un sourire amusé.
« Tu t'es encore endormie dans le bus ... tes cheveux sont tous décoiffés. »
Il me tend un peigne puis une serviette qu'il pose face à moi. Il ouvre son bento et pose un onigiri sur la serviette sans même ajouter de commentaire. Il sait bien que je suis incapable de penser à quoique ce soit le matin, et encore moins à prendre de quoi subvenir aux éventuels besoins de mon estomac. Je peigne mes cheveux et regarde Ryo faire d'un air évasif. Lui, c'est juste mon ami d'enfance. Il m'a vue petite fille heureuse, riant à gorge déployée dans la cour de récré. Il m'a vue changer. Lui est resté l'enfant sage, ou du moins, tellement plus que moi. Je lui rends son peigne et m'appuie sur ma chaise. Il regarde mon cahier de note.
«  T'es infernale... Tu pourrais au moins écouter un minimum.
- Tu me prêteras tes notes pour les exams.
- Arrête de me prendre pour ton chien.
- Arrête de te comporter comme tel ! »
Je désigne l'onigiri d'un geste de menton. Il me lance un sourire coupable et nous mangeons. Je me suis disputée un nombre incalculable de fois avec lui et il est toujours là, à me suivre, comme une roue de secours. Il me lance des vannes parfois tellement lourdes que je n'ai même pas envie de sourire, il est un peu con, mais incroyablement gentil. En fait il passe pour un débile parce que ça fait mieux que de passer pour quelqu'un d'intelligent et d'inaccessible. Ça fait de lui quelqu'un entouré d'amis et de personnes en tout genre. C'est grâce à lui si je connais tant de monde. Mais si un jour je dois partir et quitter ma vie actuelle, Ryo serait sans doute le seul à me manquer.

Je m'attache aussi facilement que je me détache des gens. Deux phrases gentilles et je suis attachée à quelqu'un. Mais mon instinct d'auto-protection prend le dessus si je ressens que cette personne pourrait m'être hostile. Bien que j'aime m’autodétruire aussi, je sais comment gérer chaque chose. Je suis comme tout le monde. J'y pense, puis j'oublie.

Durant la pause, je repense à ma petite soeur, à ses longs cheveux toujours propres et coiffés, à son petit sourire angélique, à ses manières de prétentieuse, à ses derrières de petite peste. Elle a une langue de serpent, et si je suis capable de facilement me mettre dans la merde, elle n'hésitera jamais à rajouter son grain de sel de manière anodine. C'est celle de nous trois qui ressemble le plus à ma mère. C'est une vraie femme, à faire ses coups en douce en gardant un sourire sur son visage, l'innocence du démon.
Et si mes doigts se sont déjà agrippés à ses épaules pour l'agiter en hurlant de fatigue de voir une si jeune fille déjà si manipulatrice, elle trouvera toujours la manière la plus insidieuse pour se venger de mon acte de violence si moindre. Et c'est cela qui m'effraie en l'humain, cette capacité d'aimer une personne malgré sa nature si sombre qu'elle vous noierait. Parce que oui, cette sœur est aimée. Comme cette mère. Et ce frère.

Frère. Et les batailles de coussin, et les découvertes musicales, et la fascination pour son art. Frère. Et des après-midi entières à parler, à apprendre de lui, à l'écouter parler. Frère. Parti à l'université en pensant que je pouvais tenir sans lui. Trois femmes dans une même maison, tu pensais vraiment qu'on pourrait passer un mois sans s'entre-bouffer ? Je ne fais pas exprès. Je fais des efforts pour essayer de grandir, mais je n'ai que 17 ans. Tu m'as souvent dis que j'avais beaucoup de réflexion pour mon âge mais de là à être « une grande » pour autant. J'ai bien conscience d'être déprimante parce que je ne suis qu'une ado qui a pris trop vite la réalité du monde dans le visage. J'ai bien conscience que cela finira par changer. Tu ne l'as pas exprimé autant à mon âge, toi. Tu as su faire la part des choses, et continuer à évoluer, tandis que moi je stagne comme handicapée. Je suis tellement nombriliste à vouloir ton retour aussi fort.

Je rouvre les yeux. Je me suis endormie pendant le cours d'histoire et le prof s'est planté à côté de moi, me lorgnant d'un œil méprisant. Je me redresse. Et les minutes qui suivent brisent tous les efforts du début de semaine, la mauvaise Jun reprend le dessus, le prof s'énerve, moi aussi, je quitte la classe avec les nerfs en pelote. Une fois l'école quittée, je vais dans le parc en face et me roule un joint dans un coin tranquille. J'ignore ce qui a été mal fabriqué chez moi, je suis responsable de tout ce que je vis, de ma virée vers le malsain à mes 13 ans. J'ai conscience que mes fréquentations sont mauvaises, que je fais trop la fête, que je suis trop focalisée sur mon pc. J'ai conscience d'avoir perdu la moitié de mon adolescence à devenir quelqu'un qui n'est pas moi. Pourtant, j'ai des moments de bonheur, je ris, je passe du temps avec des potes, je m'épanouis dans plein de choses. Pourquoi est-ce que cela est mauvais ? Parce que ça prend la place de l'école ? Pourquoi l'école aurait-elle plus d'importance que le reste ?
Une fois l'heure de la fin des cours arrivée, c'est défoncée que je rentre chez moi. Je ne rate pourtant pas l'arrêt, j'arrive à l'heure, je rentre. Je suis déçue de moi. J'aurai voulu que ma mère ait de moi, à nouveau, cette image positive. Je repense à mon enfance, elle souriait de fierté à l'idée de me présenter en tant que « sa petite fille adorée ». Je ne suis pas assez sophistiquée pour elle.

J'étais beaucoup plus sage qu'aujourd'hui. J'étais un peu timide, reservée, attentive. Je faisais de la gymnastique, j'étais une des plus douées de mon cours, ma prof me félicitait toujours. A l'école, j'étais très forte en math, moins bonne en géographie. Je débordais d'énergie et m'intéressais à plein de choses. J'ignore ce qui s'est brisé en moi, et personne ne pourrait vraiment le savoir. Je suis celle qui contrôle mon monde, ma vie. Je vous raconte ce que bon me semble, et vous ne pouvez être sûr de rien de ce que j'énonce. J'estime ne jamais avoir rien fait de grave. Je n'estime pas être différente. Je ne suis que la production d'un société qui m'abrite bien qu'elle me fasse peur. Je suis juste une personnification du problème de l'adolescence actuelle, qui se perd au milieu de trop d'informations, qui se rebelle par conformisme, qui patauge sans savoir. Je suis juste tombée dans une famille trop juste. Dans une famille trop sage. Et la mère ne supporte pas avoir une fille qui sort de ses propres notions de l'enfant modèle. Si je voulais me rebeller, j'aurai du le faire avec intelligence comme ma sœur, c'est à dire dans l'ombre, de manière insidieuse.

Lorsque je rentre chez moi, ma mère est à genoux près de la table, elle sert le thé à un homme que je n'ai jamais rencontré. Je lâche un bonjour vague et m’apprête à rejoindre ma chambre. J'entends la voix de ma maternelle qui m'appelle, me dit de rester. Elle pose un pax de mon amie Marie-Jeanne sur la table et me somme de faire mes affaires. Mon amie Marie-Jeanne qui était dans ma table de nuit, qui m'a trahie alors que j'étais prête à devenir la normalité que ma génitrice attendait. Après m'être disputée toute seule, je comprends bien que je n'ai pas la possibilité de faire revenir les choses en arrière. Je vais faire « mes affaires ».

Deux heures plus tard je somnole dans la voiture de l'homme qui vient en réalité d'un simple pensionnat. Un pensionnat où m'envoie ma mère parce qu'elle « ne peut plus me supporter », et qu'un centre de redressement serait trop dur pour moi. Dois-je la remercier ? J'écoute à peine les explications de l'homme. Je réponds par de simple onomatopées. Il finit son monologue, j'ignore s'il a compris que cela ne servait à rien. Le silence est pesant dans la voiture. Je commence à m'endormir.

J'ai la sensation de tomber, tomber, tomber. Je vois des visages, Ryo, le prof d'histoire, le directeur, mon frère, ma mère, les visages sans lendemain, les séquelles d'une vie trop facile. Je tombe, je tombe, je tombe. Comme dans un puits sans fonds. Mais j'atterris face contre terre, une douleur prenant tout mon corps. Je me redresse difficilement, étonnée d'être encore en vie. Je regarde devant moi, une route s'étend sous un soleil lourd. De l'autre côté, l'horizon brûle, semble se rapprocher, emporte tout sur son passage, arbres, prés... Une peur me prend, je me mets à courir, je fuis. Je cours, je cours, à perdre haleine. Mes poumons finissent par me brûler, je suis maladroite, je trébuche, je ne devrais pas fumer ainsi, ça causera ma perte, ça cause ma perte.
Je repense aux images, je repense aux visage de mon monde et soudain, m'arrête net. Essoufflée, je me demande à quoi bon, je sais qu'au bout du chemin surviendra le recommencement. Pour une fois je ne veux pas faire partie du cercle vicieux de la société en crachant parce que je suis emmenée loin comme une pestiférée. J'accepte le destin, me retourne, et tend les bras. La lumière qui emporte tout mon horizon au loin avance à moi. Je m'apprête à me noyer dans la lumière du soleil qui avance. Je ferme les yeux et souris...

... Les yeux s'ouvrent. Bienvenue à Noma.


STEP IV : Groupe désiré ?

JOYS  CIRCUS  SHADOWS  TRALITY
Trality, mais simplement par élimination. Circus, limite, mais même si Jun s'adonne à l'art et aux styles bizarres, elle n'est pas véritablement douée.

Note 1 : Comme vous l'avez peut-être remarqué, je ne serai surtout présente que le weekend. Les semaines étant consacrée à l'université et ce qui l'entoure.
Note 2 : Bon, je sais ne pas avoir décrit son histoire précisément, si cela pose réellement problème dites le moi, mais j'en ai vraiment écrit le principal et souhaiterai garder le reste pour les rp =)




Dernière édition par Jun Soejima le Sam 17 Mar - 21:49, édité 1 fois
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Chōji
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MessageSujet: Re: J.Soejima -    Dim 18 Mar - 17:12

Cho' a écrit:
Aaah Bonjour/Bonsoir, Bienvenue et tout & tout, Enfin, ta fiche est faite \o/

Ben, vu ta petite note, MP moi quand tu as finis ta relecture, et je te validerai. Ma copine rentre demain, donc surement demain aprem ! :-)

J'éditerai ce message et te MP' quand j'aurais fini ;-) Bonne continuation ♥

    Rebonjour/Rebonsoir & Rebienvenue sur Noma ♥ !

    Je suis vraiment content de te voir ici, j'te l'cache pas, parce que ca fait toujours plaisir de voir que la pub fonctionne, et pi t'es une bonne RPGiste, et c'est loin d'être un défaut 8D.

    Passons désormais à l'acte la validation :-D.

  • Desc. Physique -
    Jun a écrit:
    et pour conclure – car les présentations de physiques, hein... -

    Tout à fait, c'est... hein...! /BAM. Non mais je comprends tout à fait ton point de vue, ce qui n'empêche pas d'écrire beaucoup - et tu l'as fait donc je ne dirais rien hohoho :-D ! Mais franchement j'ai pas grand chose à raconter de manière générale. C'est bien écrit, pas d'fautes, pas d'syntaxe pourrie, tou é palfaite ♥ J'aime bien ton écriture, les phrases longues ne me choquent pas (Pourtant, souvent, ca m'gave!) et puis... peut-être un truc, pour dire de... Y'a pas mal de répétitions. Des répétitions drôlement bien cachées, mais on l'aura compris, par exemple, qu'elle est petite! C'est bien simple, j'ai du voir plein de fois le terme "petit", et pas forcément à l'écrit, surtout dans ma tête, tellement tout sonne pareil. Mais si y'a que ça, c'est vraiment pour rechigner sur les détails ;-P. (C'est la preuve de mon amour. o/)

  • Desc. Mentale - Ce que j'adore chez toi, c'est que ton perso est totalement banal tout en étant, grâce à ton écriture, vu comme quelqu'un de pourtant bien plus blasé que les autres. C'est ce côté "Je suis comme tout le monde, pourtant" qui la rend mature et réaliste. Je l'apprécie énormément. Franchement, tu fais une bonne Trality, tu as bien "éliminer". :-) C'est vrai qu'elle aurait pu être joys, sha, ou circus, mais tout est dans ta manière de le dire.

  • Histoire - Euh. Attends, je m'en remet. Tu m'as totalement déconnecté de la réalité! J'étais pris dans ton histoire! J'aime beaucoup ta façon d'écrire. D'ailleurs, comme j'étais fatigué, j'ai vraiment eu la sensation de rêver éveillé. Franchement, je suis de plus en plus content de ta venue parmi nous. J'ai pas grand chose à dire parce que je suis encore un peu paumé dans ma tête, au moins autant que ton personnage. Tu n'as pas eu besoin d'un drame ou d'une horreurs pour mettre une ambiance pareille. Je t'en félicite.

  • Et surtout, je te valide pleinement. Comment faire autrement ? :-)

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